Saïda Bédar, La globalisation et la reproduction de l’hégémonie des États-Unis, Octobre 2019
Les Etats-Unis semblent aujourd’hui bénéficier d’une position hégémonique incontestée dans un nouvel ordre global qui est loin d’être « multipolaire ». Or les modalités de la compétition entre acteurs-puissances globaux pourraient à terme remettre en cause cette hégémonie, notamment par le biais de ce qu’on pourrait qualifier de course à la « supériorité asymétrique ». Dans l’ensemble des domaines la compétition est caractérisée par un ajustement des voies et moyens selon des postures préemptives, parfois hors les normes internationales jusque là en vigueur, comme la diplomatie ouverte basée sur le droit international public, les régimes de contrôle de l’armement, le principe de non-ingérence, etc. Les effets d’escalade de la préemption induisent une course aux capacités asymétriques, c’est-à-dire avec la recherche de ruptures stratégiques et normatives et de sauts technologiques qui permettront de garantir l’influence et l’accès aux espaces critiques dans tous les domaines (air-terre-mer-espace exo-atmosphérique et cyberespace), tout en en limitant l’accès aux compétiteurs/adversaires. L’asymétrisation des stratégies des Etats acteurs-puissances est largement un effet de la globalisation qui a modifié les modes de production et d’emprises sociospatiales.
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